Comprenez le mécanisme des Acquisitions Intracommunautaires (AIC) : autoliquidation de la TVA, déclarations CA3, régime dérogatoire (PBRD) et points de vigilance. Sécurisez vos échanges européens et évitez les redressements avec l'expertise Cyplom.
1. Cadre juridique et définition des acquisitions intracommunautaires
Une acquisition intracommunautaire (AIC) désigne l’opération par laquelle un bien meuble corporel est expédié ou transporté depuis un autre État membre de l’Union européenne vers la France, et confère à l’acquéreur le droit d’en disposer comme un propriétaire (CGI, art. 256 bis).
Ces opérations sont soumises à la TVA française, le redevable étant l’acquéreur lui-même via le mécanisme de l’autoliquidation (CGI, art. 283, 2 bis).
Exemples concrets d’AIC
- Une société française achète des machines en Italie pour équiper son site à Lyon : TVA française autoliquidée.
- Une PME française importe des textiles d’Espagne : elle doit déclarer et autoliquider la TVA française.
- Une association française achète un photocopieur en Allemagne : si elle dépasse le seuil d’AIC, elle devient redevable de la TVA.
- Une société établie en Allemagne acquiert des biens en Espagne qui sont livrés directement à son entrepôt situé en France : bien qu’elle ne soit pas établie en France, elle doit s’immatriculer à la TVA en France et y autoliquider la taxe.
À retenir
- Les AIC concernent les assujettis et certaines personnes morales non assujetties.
- Les particuliers ne sont concernés qu’en cas d’achat de moyens de transport neufs.
- Le lieu d’arrivée (France) détermine la taxation.
2. Base d’imposition, fait générateur et exigibilité de la TVA
- Base d’imposition : prix payé + taxes annexes (ex. accises sur l’alcool ou le tabac).
- Fait générateur : l’acquisition est réputée réalisée à la date de livraison (CGI, art. 269, 1-a).
- Exigibilité : TVA exigible le 15 du mois suivant le fait générateur, ou à la date de la facture si elle est antérieure.
Exemple pratique : une entreprise reçoit une livraison le 20 mars depuis les Pays-Bas, facturée le 25 mars → TVA exigible le 25 mars.
3. Déclarations et droit à déduction de la TVA sur les AIC
Les AIC doivent être déclarées :
- Sur la CA3 (réel normal) ou sur les formulaires adaptés (CA12, CA12A) ;
- En mentionnant le montant HT et la TVA due sur les lignes spécifiques.
La TVA collectée est immédiatement déductible, à condition de disposer d’une facture conforme (numéros de TVA de l’émetteur et du client, prix HT, mentions obligatoires).
Exemple pratique : une entreprise française achète 50 000 € de marchandises en Allemagne. Elle déclare 50 000 € en AIC, calcule et autoliquide la TVA, puis la déduit simultanément.
4. Exonérations et régimes particuliers des AIC
Sont exonérées :
- Certaines acquisitions de biens exonérés en France (prothèses, organes, sang, lait maternel) ;
- Acquisitions de navires, aéronefs, or destiné aux instituts d’émission ;
- Biens dont l’importation serait exonérée.
Cas spécifiques
- Moyens de transport neufs : toujours imposables en France (même pour les particuliers).
- Stocks sous contrat de dépôt : AIC réputée réalisée seulement au retrait des biens.
5. Opérations assimilées aux acquisitions intracommunautaires
Sont assimilées à des AIC :
- Transfert en France d’un bien appartenant à une entreprise établie dans un autre État membre (mouvement de stocks, biens d’investissement), sous réserve d’exceptions et de cas particuliers (par exemple, en cas de transferts temporaires liés à des travaux ou à des démonstrations commerciales) ;
- Réception en France de biens importés via un autre État membre ;
- Affectations liées aux forces armées stationnées en France.
Exemple pratique : une société transfère ses stocks de Belgique vers son entrepôt à Lille. Ce mouvement interne est assimilé à une AIC en France.
6. Régime dérogatoire en cas de seuils limités
L’article 256 bis, I, 2° du CGI prévoit un régime dérogatoire pour certaines acquisitions intracommunautaires réalisées par des personnes non assujetties ou bénéficiant de régimes particuliers.
Lorsque le montant total des acquisitions réalisées dans l’Union européenne ne dépasse pas un seuil global (actuellement fixé à 10 000 €), ces opérations peuvent ne pas être soumises à la TVA en France. Les personnes concernées conservent néanmoins la possibilité d’opter volontairement pour l’imposition de leurs acquisitions afin de bénéficier du régime général et du droit à déduction.
Points de vigilance pour les acquisitions intracommunautaires
- Autoliquidation : obligation déclarative même sans mention sur la facture (CE, 9 juill. 2024, n° 489688).
- Délais : exigibilité au 15 du mois suivant ou date de facture, selon le cas.
- Factures et preuves : indispensables pour sécuriser la déduction.
- Seuils applicables aux PBRD : surveiller pour éviter la requalification.
- Risques de double imposition : en cas d’erreur sur le lieu de taxation.
Conclusion
Les acquisitions intracommunautaires sont un élément central de la TVA européenne. Elles impliquent l’autoliquidation, qui facilite la gestion de la taxe mais impose une vigilance accrue en matière déclarative et documentaire. Une erreur peut entraîner des redressements coûteux.
L’accompagnement de Cyplom
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- Gestion des obligations déclaratives.